COP d'une thermopompe en hiver au Québec : à quoi s'attendre
Que devient le COP de votre thermopompe quand il fait -15 °C? Valeurs réelles, différence avec le HSPF, appoint et réglages pour limiter la consommation.

Le COP d’une thermopompe baisse quand le mercure descend, mais l’appareil reste plus efficace que le chauffage électrique à résistance, même par grand froid. Au Québec, un modèle efficace fournit en moyenne de 2 à 4 kWh de chaleur pour chaque kWh d’électricité consommé, selon le guide du programme d’Hydro-Québec. Voici ce que cela veut dire concrètement, comment le COP se distingue du HSPF et comment éviter qu’une thermopompe consomme plus que prévu.
En bref
- Le COP est un rapport instantané : kWh de chaleur produits divisés par kWh d’électricité consommés. Il diminue avec le froid.
- À titre indicatif, un COP autour de 3,0 à 3,5 à 0 °C descend vers 2,0 à 2,5 à -15 °C pour une thermopompe typique.
- Le HSPF mesure l’efficacité sur toute une saison de chauffe, le COP seulement à une température donnée. Les deux se complètent.
- Sous la température minimale de fonctionnement de l’appareil, un chauffage d’appoint prend le relais. C’est normal et prévu.
- Une consigne stable, le mode Chauffage et des plinthes réglées plus bas font souvent plus pour votre facture que le choix de la marque.
Table des matières
- Ce que le COP mesure vraiment
- Les valeurs de COP selon la température extérieure
- HSPF et COP : quelle différence?
- Que se passe-t-il par grand froid?
- Combien consomme une thermopompe en hiver au Québec?
- Ma thermopompe consomme trop : par où commencer?
- Notre point de vue
- Choisir et entretenir pour garder un bon COP
- Un suivi qui protège le rendement de votre thermopompe
- FAQ
- Sources
Ce que le COP mesure vraiment
Le coefficient de performance (COP) compare la chaleur livrée dans la maison à l’électricité absorbée par l’appareil. Un COP de 3 signifie que 1 kWh d’électricité produit 3 kWh de chaleur. Une plinthe électrique, elle, restitue 1 kWh de chaleur pour 1 kWh consommé, soit un COP de 1.
Pourquoi la thermopompe fait-elle mieux? Elle ne fabrique pas la chaleur, elle la déplace. Même un air extérieur à -10 °C contient de l’énergie thermique que le compresseur capte et concentre. Plus l’air est froid, moins il en contient, donc plus l’appareil doit travailler pour en extraire la même quantité. C’est ce qu’explique Daikin Québec dans son article sur le COP : le COP diminue à mesure que la température extérieure baisse.
Le COP change avec les conditions de mesure
Un COP n’a de sens qu’avec sa température de mesure. Un chiffre annoncé à +8 °C ne dit presque rien sur votre salon en janvier. Pour comparer deux appareils, il faut des valeurs mesurées dans les mêmes conditions, à la même température extérieure et avec la même température de sortie d’air. Dans une fiche technique, cherchez donc le COP à -8 °C et à -15 °C, pas seulement le chiffre le plus flatteur.
Les valeurs de COP selon la température extérieure
Voici des ordres de grandeur pour une thermopompe à air typique, d’après les données indicatives de Daikin Québec (2025) :
| Température extérieure | COP indicatif |
|---|---|
| +8 °C | 3,5 à 4,5 |
| 0 °C | 3,0 à 3,5 |
| -8 °C | 2,5 à 3,0 |
| -15 °C | 2,0 à 2,5 |
Ces valeurs viennent d’un fabricant et varient selon le modèle. Elles donnent la tendance : on perd environ un point de COP entre le début de l’automne et un matin de grand froid, sans jamais tomber à 1 pour un appareil conçu pour le climat québécois.
Une mesure en conditions réelles va dans le même sens. Une étude de Ressources naturelles Canada publiée en 2013 sur une thermopompe pour climat froid installée à Ottawa a relevé un COP moyen de 3,0 à +4,9 °C et de 1,5 à -21,1 °C. Même à -21 °C, l’appareil restait donc plus efficace que de la résistance électrique pure, avec un COP supérieur à 1,5 et un appoint électrique bien dimensionné pour maintenir le confort.

Exemple chiffré
Imaginons une journée où la maison demande 6 kW de chaleur.
- À 0 °C, avec un COP de 3,2, la thermopompe puise environ 1,9 kW d’électricité.
- À -15 °C, avec un COP de 2,2, et si la maison demande alors 9 kW, elle puise environ 4,1 kW.
- Avec des plinthes seules, ces 9 kW de chaleur coûteraient 9 kW d’électricité.
La consommation de l’appareil monte donc avec le froid, à la fois parce que la maison demande plus de chaleur et parce que le COP baisse. C’est l’explication la plus courante à la question « pourquoi ma thermopompe consomme-t-elle plus en janvier? ». Ce n’est pas forcément une panne.
HSPF et COP : quelle différence?
Le COP est une photo à un instant et à une température précise. Le HSPF est un film de toute la saison. Selon Gree Canada, le COP mesure l’efficacité instantanée en mode chauffage, alors que le HSPF mesure l’efficacité du chauffage sur toute une saison. Il se calcule en divisant la chaleur totale produite (en BTU) par l’électricité totale consommée (en wattheures).
Comme 1 kWh équivaut à 3 412 BTU, on peut convertir grossièrement : un HSPF de 10 correspond à une efficacité saisonnière moyenne d’environ 2,9. C’est un repère de lecture, pas une garantie pour votre maison.
| COP | HSPF | |
|---|---|---|
| Ce qu’il mesure | Efficacité à un instant donné | Efficacité sur une saison de chauffe |
| Dépend de | La température extérieure et de sortie | Un profil de température type |
| Utile pour | Savoir comment l’appareil se comporte par -15 °C | Comparer la performance globale de deux appareils |
| Limite | Ne dit rien sur le reste de l’hiver | Le profil de température du test n’est pas le vôtre |
En pratique, utilisez le HSPF pour présélectionner des modèles, puis regardez les COP à basse température pour départager ceux qui doivent tenir le coup en février. Si votre maison est dans le nord de Laval ou en banlieue exposée au vent, ce second chiffre pèse plus lourd.
Que se passe-t-il par grand froid?
Les thermopompes standards chauffent généralement jusqu’à -8 °C, alors que les modèles basse température, dits pour climat froid, peuvent être utilisés jusqu’à -20 °C, selon le gouvernement du Québec. Dans les deux cas, un autre système de chauffage prend le relais lors des grands froids.
Hydro-Québec précise que la majorité des thermopompes à air ont une température minimale de fonctionnement entre -15 °C et -25 °C. En dessous, la capacité de chauffage diminue et il faut envisager une source d’appoint. Même par -20 °C, un appareil à très haute efficacité peut couvrir une partie des besoins, pas nécessairement tous.
Deux conséquences pratiques :
- L’appoint fait partie du plan. Plinthes électriques, fournaise ou chaudière existante : peu importe, il doit être là et fonctionnel. Si votre appoint est un système à eau chaude, une purge des radiateurs bien faite au début de la saison aide la chaleur à se diffuser correctement quand la thermopompe passe la main.
- Le dimensionnement compte. Ressources naturelles Canada recommande une approche « maison entière » et rappelle que la norme CSA F280 exige une capacité de chauffage au moins égale aux pertes thermiques du bâtiment. Selon son document d’orientation de 2024, les thermopompes bien dimensionnées et bien installées offrent un confort hivernal comparable aux systèmes traditionnels. Pour aller plus loin, voyez notre article sur la taille de thermopompe adaptée à votre maison et celui sur le fonctionnement d’une thermopompe à -25 °C.
Dégivrage et cycles : ce qui est normal
Par temps froid et humide, du givre se forme sur l’unité extérieure et l’appareil lance des cycles de dégivrage. L’air soufflé peut alors être tiède quelques minutes, parfois avec de la vapeur à l’extérieur. C’est un comportement normal, mais un bloc entièrement pris dans la glace ne l’est pas. Nous détaillons la marche à suivre dans notre guide sur la thermopompe givrée en hiver. L’emplacement joue aussi : voyez où placer l’unité extérieure au Québec et s’il faut la couvrir en hiver.

Combien consomme une thermopompe en hiver au Québec?
Il n’existe pas de chiffre unique : tout dépend de l’isolation, de la superficie, du modèle, de la consigne et de la part de chauffage assurée par l’appoint. Le repère le plus solide vient d’Hydro-Québec : l’utilisation d’une thermopompe peut permettre d’économiser jusqu’à 35 % de la consommation de chauffage et jusqu’à 20 % de la consommation totale d’électricité. Le mot « jusqu’à » compte : ce sont des économies maximales, pas une promesse pour chaque foyer.
Pour juger de votre propre situation, l’outil de performance énergétique de l’Espace client d’Hydro-Québec permet, selon la page hiver d’Hydro-Québec, d’analyser sa consommation par usage ou de la comparer à celle du voisinage. Comparez le même mois d’une année à l’autre et tenez compte de la température : un janvier à -20 °C ne se compare pas à un janvier doux.
Ma thermopompe consomme trop : par où commencer?
Avant de soupçonner l’appareil, passez ces points en revue.
- Le mode. Pour l’hiver, Hydro-Québec conseille d’éviter le mode automatique, qui risque de climatiser par erreur, et de privilégier le mode Chauffage.
- La consigne. Maintenez une température constante et évitez les ajustements fréquents. Chaque remontée brusque de 3 ou 4 degrés pousse l’appareil à forcer, et dans bien des maisons ce sont les plinthes qui s’enclenchent.
- L’écart entre thermopompe et plinthes. Hydro-Québec recommande de régler la thermopompe à une température confortable, par exemple 22 °C, et les plinthes plus bas, par exemple 19 °C, pour que la thermopompe reste la source prioritaire. Notre guide du thermostat intelligent avec thermopompe montre comment automatiser ce réglage.
- Les filtres et l’unité extérieure. Filtre encrassé, neige accumulée ou dégagement insuffisant réduisent le débit d’air et donc le COP. L’unité doit respirer librement.
- L’enveloppe du bâtiment. Fenêtres, entretoit et infiltrations d’air alourdissent la demande. Nos 7 façons de réduire vos factures de chauffage en couvrent plusieurs.
- Le dimensionnement. Un appareil trop petit laisse l’appoint travailler une bonne partie de l’hiver. Un appareil trop gros fait des cycles courts et s’use plus vite.
Si la consommation reste anormalement élevée après ces vérifications, ou si l’appareil s’arrête et repart sans cesse, faites inspecter la charge de réfrigérant, le dégivrage et les capteurs par un technicien certifié. Ce sont des interventions à ne pas improviser.
Notre point de vue
Nous voyons chaque hiver la même scène dans le Grand Montréal : un propriétaire inquiet parce que sa thermopompe « ne chauffe plus comme en octobre ». Dans la grande majorité des cas, l’appareil fait exactement ce pour quoi il est conçu. Son COP baisse avec le froid, l’appoint se déclenche, et la facture monte moins qu’avec le chauffage électrique seul.
Après plus de 42 ans dans le chauffage, la ventilation et la climatisation, notre conviction est simple : le COP affiché sur une brochure compte moins que trois choses. Un bon calcul des besoins de la maison, une installation soignée et un réglage cohérent avec l’appoint. C’est pourquoi nos techniciens certifiés, licenciés et assurés adaptent la solution aux particularités de chaque habitation, qu’il s’agisse d’une thermopompe murale, d’une centrale ou d’un système biénergie.
Nous croyons aussi qu’une thermopompe bien entretenue garde son rendement année après année. Nettoyage, vérification du dégivrage et contrôle des pressions sont les gestes qui préservent le COP que vous avez payé.
Electro
Choisir et entretenir pour garder un bon COP
Quelques critères pour choisir un appareil qui rendra service en hiver :
- Un modèle pour climat froid si votre thermopompe doit assurer l’essentiel du chauffage. Regardez ses performances annoncées à -15 °C et -25 °C, pas seulement à +8 °C.
- Un HSPF élevé et des COP détaillés à plusieurs températures, mesurés dans les mêmes conditions d’un modèle à l’autre.
- Un appoint conservé et en bon état, que ce soit des plinthes, une fournaise ou une chaudière. Si vous hésitez entre garder votre fournaise et passer au tout-thermopompe, lisez thermopompe ou fournaise : laquelle choisir.
- Un coût complet connu d’avance. Nous avons regroupé les repères dans Combien coûte une thermopompe à Montréal en 2026.
Côté entretien, notre guide saison par saison indique quoi faire à l’automne, en hiver et au printemps. Pour un propriétaire qui ne veut pas y penser, un contrat simplifie tout.
Un suivi qui protège le rendement de votre thermopompe
Chez EPCM, nous installons, réparons et entretenons les thermopompes murales et centrales à Montréal et à Laval, avec un service d’urgence le jour même. Nos plans d’entretien publiés sur la page des plans d’entretien sont :
| Plan | Tarif |
|---|---|
| Plan Mini-Split | 250 $ par an |
| Plan Confort (1 visite) | 300 $ par an |
| Plan Confort+ (2 visites) | 500 $ par an |
| Plan Total (tout inclus) | 800 $ par an |
| Confort+ Mensuel | 45 $ par mois |
| Total Mensuel (tout inclus) | 69 $ par mois |

Pour une nouvelle installation ou une réparation, consultez notre page installation et réparation de thermopompe. Nous vous conseillons aussi sur les subventions gouvernementales et prenons en charge une partie de la paperasse.
FAQ
Quel est un bon COP pour une thermopompe en hiver?
Au Québec, une thermopompe efficace correspond à un COP de 2 à 3,5 selon Hydro-Québec. Les valeurs plus hautes se rencontrent par temps doux, et le COP diminue quand le froid s’intensifie. Comparez toujours des appareils à la même température de mesure.
Le HSPF remplace-t-il le COP?
Non. Le HSPF résume la performance d’une saison complète de chauffe, tandis que le COP décrit l’efficacité à une température précise. Le premier sert à présélectionner des appareils, le second à vérifier leur comportement par grand froid.
Ma thermopompe s’arrête et repart sans cesse en hiver : est-ce grave?
Des cycles de dégivrage sont normaux par temps froid et humide. Si l’appareil s’arrête après quelques minutes de façon répétée, vérifiez d’abord que l’unité extérieure est dégagée de la neige et de la glace. Si cela persiste, faites inspecter l’appareil par un technicien certifié.
Faut-il éteindre la thermopompe par grand froid?
Non, il n’est pas nécessaire de l’arrêter. Sous la température minimale de fonctionnement, qui se situe entre -15 °C et -25 °C pour la majorité des modèles selon Hydro-Québec, son rendement baisse et l’appoint prend le relais. Gardez une consigne stable et le mode Chauffage.
Comment savoir si ma thermopompe consomme trop?
Analysez votre consommation dans l’Espace client d’Hydro-Québec, puis comparez-la à celle de l’an dernier à températures équivalentes. Vérifiez ensuite le mode, la consigne et les plinthes. Si l’écart persiste, une inspection est le bon prochain pas.
Sources
- COP : comprendre l’efficacité des thermopompes, Daikin Québec
- Guide du participant, Programme Thermopompes efficaces, Hydro-Québec
- Guide d’utilisation et d’entretien d’une thermopompe, Hydro-Québec
- Six astuces pour réduire votre facture durant l’hiver, Hydro-Québec
- Thermopompe, Gouvernement du Québec
- Évaluation de la performance d’une thermopompe pour climat froid, Ressources naturelles Canada
- Document d’orientation sur les thermopompes, Ressources naturelles Canada
- Efficacité énergétique : HSPF et COP, Gree Canada
Recommandations
Une question sur votre système?
Nos techniciens certifiés desservent Montréal et Laval. Soumission gratuite.